Page 12 - Raison(s) d'Être(s) - Livre 2
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Si vous avez manqué le début


            venait de mettre fin l'un des grands génies politiques de
            l'histoire de monde, Octave Auguste (mort en 14), qui avait
            totalement transformé la nature du régime -de "républicain"
            en   "impérial"-  en   n'en   changeant   les   apparences   qu'à   la
            marge.

               Au départ, les sectateurs du Christ, animés par ce pape du
            marketing qu'était l'apôtre Paul, furent peu nombreux, et pas
            très bien vus par un monde romain pourtant assez tolérant en
            matière de religion mais qui ne voyait en eux que quelques
            illuminés   fanatiques   et   plus   ou   moins   subversifs.   Les
            romains   tolérant   les   illuminés   mais   considérant   sans
            bienveillance   les   fanatiques   subversifs,   les   premiers

            chrétiens fournirent des martyrs fort utiles pour la crédibilité
            et   la   promotion   ultérieure   de   ce   qui   devait   devenir   une
            religion mondiale.
               Mais quand, quelque 400 ans plus tard, l'empire s'effondra
            sous les effets conjugués d'une déliquescence interne et d'une
            pression externe, le message chrétien qui avait traversé les

            âges   et   soudé   ses   communautés   commença   à   résonner
            autrement dans les esprits. C'est d'ailleurs en ce temps que
            vécut et se convertit saint Augustin, mort en 430.
               Le   sens   du   message   chrétien   commença   alors   à   être
            audible des masses, c'est-à-dire à cautériser les plaies mises à
            vif par l'effondrement d'un monde.
               En   effet,   il   avait   du   sens   en   ce   qu'il   apportait   des

            apaisements à presque tous les facteurs de sens.
               En fait à tous... sauf un.
               Tout d'abord, le christianisme porte une vision linéaire du
            temps, depuis la genèse jusqu'à la parousie et le jugement
            dernier, qui vient répondre au facteur de sens qu'est le besoin
            de polarité, de direction, de tension vers un but. Le Christ

            déclare d'ailleurs "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie". Le
            Chemin, donc, mais aussi la Vérité, c'est-à-dire une certitude
            sur laquelle on peut se reposer et construire, et qui apaise
            également ce facteur de sens qu'est la nécessité de disposer
            de points fixes. Enfin, le christianisme est porteur d'une
            morale, et donc de limites, autre facteur de sens.
               Par   ailleurs,   Dieu   s’intéresse   à   chaque   individu

            individuellement, et le moment venu, chacun devra répondre




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